Sérénité

On ne se voit pas vieillir. Quand on est actif et en santé, les années passent et ne se ressemblent pas.

Cette période de ma vie a été marquée par un grand voyage avec Marc aux Îles. 

J’avais perdu du poids et je me trouvais belle dans le miroir. J’avais décidé de me reprendre en main, d’aller chez le coiffeur, juste pour moi.

Je n’oubliais rien, ni les paroles des chansons, ni les gens, ni mes expériences, mais j’avais décidé de vivre un jour à la fois.

À Trois-Rivières, je me suis inscrite à la formation d'aide dispensée par Albatros aux personnes désireuses d'aider auprès des malades et de leur entourage. Du haut de mes 70 ans, je n’étais pas la plus jeune bénévole, mais j’avais toujours aimé ça, donner.

J’ai appris à mieux me connaître et m'accepter pour être un aidant efficace, à apprivoiser le deuil et la mort, tout un programme. Du sacré à l’utilisation du condom, j’ai tout revu comme une écolière avide de comprendre et de retrouver une place utile dans la vie. Plus j’apprenais, plus je me rendais compte de l’ampleur de mon ignorance. J’avais quitté l’école très tôt et ma seule lecture chez nous avait été celle des pages du Nouvelliste. J’avais cru tout savoir……

Je prenais des notes dans mon agenda noir, celui qui conservait les adresses et les téléphones. J’y ai ajouté avec le temps, plein de citations entendues ou glanées dans mes lectures, et des notes personnelles comme dans un carnet intime.

J’ai écris des lettres aussi, à tous ceux qui étaient loin pour donner des nouvelles, pour les faire rire et leur donner mon amour. La vie m’avait épargnée, et je pouvais encore travailler, voyager, apprendre. Jamais mes enfants ne m’avaient parus si précieux, si importants, si vivants. Et quand je signais mes lettres C.A.M.B., c’était pour les cacheter avec milles baisers venus du plus profond de mon cœur.

 

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