à la recherche du temps perdu

En 1978, ce fut le drame. Je n’ai pas envie d’en parler, seulement pour vous dire que c’était mon gars. À son enterrement, je n'ai pas voulu qu'on se noie dans la tristesse, j’ai voulu que tout le monde chante, et tout le monde a chanté, sans s’arrêter. Il n’y avait rien d’autre à dire…..

L’appartement de la rue Lambert, je n’ai pas été capable d’y rester. J’ai déménagé dans un HLM au Christ-Roi. J’ai payé neuf mois mais n’y suis resté que cinq jours. C’étai trop dur d’être seule, trop dur de vivre ça.

Alors Marc m’a invitée à le rejoindre à La Sarre, en Abitibi-Témiscaminque, loin de tout. Colette et Luc vivaient eux aussi dans ce bout de pays que le Grand Gilles avait toujours porté dans son cœur. J’y suis restée sans voir le temps passer quelque chose comme trois ans.

Grâce à Dieu j'étais en santé, je pouvais rire, faire des régimes, chanter, partager. Seul un affreux mal de dos me rappelait mes limites, mal que je combattais à l'aide d'un petit sac miracle que l'on chauffait au micro-ondes et que j'emportais partout avec moi.

Jocelyne, la femme de Marc, avait un magasin de vêtements et de bijoux, le Marie Or, et nous allions tous les jours y travailler ensemble.
La vente, j'aimais ça. Le travail m’a toujours permis de passer les épreuves. La vie me paraissait soudain plus simple, plus belle, plus vraie. Il faut dire que j'étais très entourée et que je n'avais plus à lutter..... Dans le fond, j'étais déchargée de mes anciennes responsabilités.

La Sarre était une petite ville, bien plus petite que Shawinigan. À l’arrière du magasin nous nous étions aménagées un petit coin lunch qui s’était peu à peu transformé en coin à confidences, dans lequel les clientes venaient parfois prendre un café. Elles racontaient leurs amourettes et repartaient toujours avec le cœur plus léger, enfin je l’espère, et une nouveauté qu’elles avaient achetée.

J’ai un jour vendu à une cliente une petite robe d’été achetée en Floride quelques mois auparavant.

La route vers le sud était longue, pour qui avait horreur des côtes et de la vitesse, mais la Floride était un endroit chaleureux, plein d’amour et de soleil. Le voyage en valait la peine. Ma sœur Rita y avait une maison et nous nous y retrouvions en famille, dans une ambiance de vacances éternelles. Chacun son tour faisait sa part de cuisine, de ménage, de bonne humeur, et ça fonctionnait bien. C’était des moments de pur bonheur.

En 1983, je suis allée vivre chez Jean-Yves, puis chez Germaine, un peu comme une sans-domicile-fixe qui n’arrivait plus à se fixer. Ils étaient tous tellement gentils avec moi. Je passais tous mes hivers en Floride et Rita, veuve comme moi, m’a invitée à vivre avec elle, à Trois-Rivières. J’y suis restée trois ans….

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