Mariage

J’ai été la première à me marier.

Pendant les vacances, les étés qui suivirent l’épidémie de fièvre typhoïde de 1930, on allait voir les garçons en vélo à St Jean. Gilles était avec eux. Je l’ai tout de suite trouvé beau et j’ai aimé son calme, sa patience.

Pour passer le St Maurice, on appelait le traversier, de bord à bord en criant très fort «Traverse!» et le traversier venait nous prendre.

 

J’avais cessé d’aller à l’école alors, et j’avais travaillé dans une maison privé, chez un médecin, mais comme j’étais incapable de me plier aux règlements on ne m’avait gardée qu’une semaine. Puis j’ai été embauchée ailleurs sans salaire, juste logée et nourrie, emploi que j’ai du quitter quand je suis tombée en amour.

 

Puis trois ans ont passé…. À l’heure de « la grande demande », mon père lui a demandé :

-Penses-tu gagner assez d’argent pour faire vivre ma fille ?

Il gagnait alors 12$ par semaine en travaillant comme chef cuisinier dans un restaurant…. La veille du grand jour, j’ai eu un shower avec beaucoup de cadeaux, et Gilles un enterrement de vie de garçon avec ses amis… on a ramassé 64$. 

Gilles s’est acheté deux habits sur mesure à crédit et car il ne possédait que seule chemise blanche.

J’avais de mon côté un avoir de 150$ en banque.

Je suis allée avec mon père à Québec pour m’acheter des robes, des chapeaux, des manteaux et tout le reste. En double s’il vous plait. Comme cette robe bleu-marin avec son manteau assorti qui existait aussi en rose.  Et dans mon trousseau il y avait 12 draps blancs en poche de farine de blé que j’avais confectionné moi-même, 24 serviettes de vaisselle, avec de la frange, 12 paires de taies d’oreiller brodés à la main et j’en passe.

Le mariage fut célébré un samedi, le 29 mai 1937 à 10h du matin, et tout le monde se retrouva à la grosse noce vers 2h de l’après-midi. Il n’y avait pas loin de cent personnes. J'avais mis ma belle robe bleue. J'étais chic. Et Gilles portait un chapeau gris.

Nous avions décidé de faire notre voyage de noce à Montréal. La voiture qui nous amena à la gare de Trois-Rivières était remplie des gens de la famille. Nous avons dormi à l’hôtel Plazza, comme nous l’avait recommandé le grand-père de Gilles et nous avons été souper au restaurant en taxi… Je me souviens qu’il faisait très chaud cette année-là. Nous nous sommes promenés en ville et nous avons suivi le déroulement de la procession de la Fête Dieu. C’était beau!

   le train de Montréal-1937     rue St Hubert-1937

À notre retour, le restaurant dans lequel travaillait Gilles lui offrit 15$ par semaine, plus le logement pour nous deux.

Mon frère Roland s’est marié en 1938, et ma sœur Eva l’année suivante. Puis on a tous déménagé à Shawinigan.

 

 

 

 

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